L’hiver vient …. et il sera rude, malgré la fourbe douceur du moment.

Il n’en sera que plus violent, pour les couples, leurs enfants, pour les professionnels.

Tant que nous, soignants, continuerons de nous accrocher à cette « physiologie à la française », qui finalement se caractérise par l’absence d’intervention de l’obstétricien. Non, un accouchement dirigé sous péridurale, avec de l’ocytocine de synthèse en perfusion, une rupture artificielle des membranes (la poche des eaux) et une « petite » épisiotomie pour finir ne relève pas de la physiologie. Même si la sage-femme est la seule à intervenir. Non,  la  « voie basse » seule ne définit pas la physiologie d’un accouchement.

Tant que nous, soignants, continuerons de véhiculer cette notion auprès des femmes, banaliserons ces situations, les appellerons « la norme ».

Tant que nous sages-femmes, attendrons un nouveau statut pour changer notre façon d’exercer, de prendre notre place. Curieux syndrome de Stockholm qui conduit la majorité d’entre nous à courber l’échine, rentrer dans le système, être la sage-femme docile que l’on attend de nous, accepter de pratiquer des actes, poser des gestes sur des femmes qui nous sembleraient aberrants si nous étions le(la) patient(e). Gestes et actes que nous n’accepterions pas. Syndrome de Stockholm sur le point d’exploser, les portes s’ouvrent, les chaînes se rompent, les « victimes » s’échappent, dénoncent, résistent.

Mais sommes-nous les vraies victimes de cette situation? Au delà du mépris et de l’ignorance institutionnelle,  ministérielle à notre égard? Parce qu’au delà de notre place bâtarde, profession transversale, globalement habituée à rester à sa place, le véritable enjeu est celui des CONDITIONS dans lesquelles nous vivons nos grossesses (quelle qu’en soit l’issue), nous accouchons et dans lesquelles nos enfants naissent.

Tant que des récits sur l’IVG comme celui et existeront encore, tant que des femmes subiront leur accouchement, se « feront accoucher »  et tant que les soignants , sages-femmes, obstétriciens, « accoucheront » les femmes, l’hiver ne sera pas terminé.

Nous devons ouvrir les yeux. TOUS.

Nous devons arrêter de parler et agir. TOUS

Comment? Je ne sais pas , mes idées ne sont pas encore assez claires.

Mais l’hiver sera plus doux, moins fourbe.

Publicités