Se sentir à sa place, simplement là il où il faut, quand il le faut.

Vivre un moment de grâce, sans artifice.

C’est ce que j’ai ressenti hier soir, tout le long de cette première projection d’Entre leurs mains.

Loin des préjugés sur l’accouchement physiologique, ce film est juste.

Justesse et rigueur médicale quand l’une des sages-femmes annonce clairement à sa patiente l’impossibilité de l’accompagner au bout du projet si elle ne finalise pas sa consultation d’anesthésie à la maternité, ou quand une autre organise un transfert à bon escient en cours de travail  ou lors des discussions avec les couples sur le suivi médical, la notion de risque.

Justesse et émotion tant la quiétude et la sérénité entoure ces couples dans leur devenir parents et ces enfants pour leur naissance, à mille lieux de tous ces accouchements télévisés et presque scénarisés.

Justesse militante sur le droit des sages-femmes à exercer comme elles le souhaitent, sur le droit au choix des femmes / couples à accoucher où et comment ils le souhaitent, avec, entre autres,  le témoignage très humble d’une anesthésiste.

Juste de vérité. Que l’on se prend de plein fouet. Dans les mots « il faut écouter si elle pousse » , dans les attitudes, transmissions des sages-femmes. Parce qu’elles nous mettent au pied du mur des pratiques actuelles, de ce qui est imposé aux femmes, de ce que l’on s’impose même en tant que sage-femme…

Cette justesse et cette grâce ont perduré dans les échanges d’après diffusion.

De tous jeunes sages-femmes ou étudiants sages-femmes, avec un recul et une maturité (dont je n’aurai jamais été capable au même stade!)  sur notre exercice, l’enseignement dispensé qui laisse rêveuse… et optimiste!

La réalité des « coulisses », avec les témoignages des familles des sages-femmes, de la réalisatrice, témoignages des parents, qui ont tous soulignés la difficulté d’être catalogués comme marginaux, associée à la crainte des sanctions institutionnelles pour les sages-femmes. Et là le rêve s’étiole.

Le soutien franc, énergique, impliqué de toutes les personnes présentes qui confirme pourquoi nous sommes tous là.

Les échanges avec les voisins de siège vus / rencontrés trop brièvement encore une fois (mais fort sympas !) et surtout cette phrase lancée par Jacqueline Lavillonière, qui ancre ce « personnage » dans ma réalité comme je me l’imaginais …

« N’attendons pas que l’on nous (re)donne une certaine place, PRENONS-LA »

Effectivement, femmes, hommes, futurs ou déjà parents,  sages-femmes, notre avenir est entre nos mains.

 

Pour se faire une idée plus large et éclairée : les avis de  Jimmy, Ambre et La Poule Pondeuse !

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