Il paraît qu’il faut faire un voeu la première fois. J’y pense rarement. Parce qu’il y en a tellement eu…

La première fois où j’ai posé mes mains sur un périnée, pour de vrai, le tout premier accouchement. Durant lequel l’équipe s’est plus souciée de mon confort et bien-être que de cette femme accueillant son premier enfant. Mais, trop très concentrée sur mes gestes, je ne m’en suis rendue compte que plus tard, trop tard.

Le premier faire-part à mon nom,  que l’équipe de la maternité a eu la gentillesse de faire suivre à mon école.

La première fois où je me suis demandée comment , pourquoi traiter les femmes comme ça? 

La fois où j’ai vomi en garde, parce qu’entendre une sage-femme dire « non mais, vraiment, c’est quand même sa 3ème inversion utérine depuis le début de l’année, il serait temps de le virer », après que le médecin sorte du bloc la queue entre les jambes et se pose fièrement devant le mari « votre femme est vivante, elle a eu de la chance que JE sois là ».

Il y a eu celle où, en 3ème année j’ai intubé un bébé, tout frais, enfin, pas tout à fait, parce que pédiatre à domicile et sage-femme bloquée : « je ne sais pas faire et toi? » Merci le TP de réa pédiatrique la semaine précédente.

La première équipe à être dans un vrai projet pédagogique et formateur vis à vis des étudiants sage-femme, externes en médecine, internes. 4 semaines de remises en questions, de doutes, à en baver. Et y repenser en souriant.

Et puis la première (et la seule hein!)  fois où j’ai reçu un prix. Qui m’a permis de dire tout ce que j’avais sur le coeur sur la direction de cette école. Alors qu’ils attendaient un merci.

La première garde, enfin la veille de la première garde une fois diplômée. Où je me dis que j’aurais mieux fait de commencer par une nuit, puisque de toute façon je ne dors pas.

La première garde avec la super copine de promo, où on se dit qu’on va s’éclater. En vrai non.

La première fois où une femme m’a appelée «  petite blanche ».

La première rencontre avec le conseil de l’ordre, où l’on m’a fait comprendre que je suis une « sous sage-femme », et que vu mon diplôme, je ne peux pas aller travailler ailleurs que dans cette maternité là. J’ai failli les croire.

Le premier déclenchement que j’ai refusé de faire, parce que non justifié médicalement, avec une patiente qui ne le souhaitait pas, mais un médecin « mais écoute, je vais la convaincre, on a peu de patientes aujourd’hui, autant en profiter ».

La première fois où j’ai pleuré avec un couple, parce que non, on ne fait pas le plus beau métier du monde.

Et puis celle où j’ai cru être dans une série médicale, avec l’interne draguant l’étudiante sage-femme pendant que sa co-interne est en repos de garde. Co-interne étant aussi sa femme.

Les première fois que je me suis laissée guidée par les femmes, debout, à 4 pattes, dans l’eau…

Et puis quand la mauvaise nouvelle, cette fois, était pour moi, pour nous.

Le premier staff auquel je me suis rendue la peur au ventre, parce que durant la garde j’ai « affronté » le chef , remettant en cause sa conduite à tenir non appropriée.

La première fois où ma collègue m’a tenue la main en glissant un « shhh, regarde, ne touche pas ». 

Le premier papa « people », où vraiment, j’ai mis du temps à comprendre pourquoi je le (re)connaissais lui et pas sa femme…

La première consultation au cabinet, tout est prêt, je suis en avance, très en avance. Et pas du tout nerveuse. Du tout.

Le premier accompagnement conjoint avec la PMI. Une belle rencontre.

Le premier « ah, c’est ma sage-femme ».

La première rupture avec une patiente. Ca a été… compliqué.

La première immersion dans la blogosphère, classiquement par Jaddo, puis 10lunes.

La première fois sur Twitter, puis la première IRL, avec la sensation d’une rentrée d’école, attendue et (un peu) redoutée!

Et enfin tous ces moments, si uniques qui font que les journées se suivent mais ne se ressemblent pas!

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